Retours d’expériences en Région Ile de France

Publication : le 15/10/2020 à 9 h 32 min

Entretien Nicolas RIHET, Région Ile de France – Pôle Lycées – Direction des Opérations – Service Études Générales et Environnementales – coordinateur des Lycées Éco-Responsables d’Ile de France, avec Constance QUITTÉ chargée de projets Lycées Éco-Responsables

2020, une année expérimentale CUBE.S

Depuis 2011 la Région Ile de France a engagé une démarche de Lycées Éco-Responsables. L’objectif étant d’accompagner ses lycées à réduire l‘impact environnemental sur un fonctionnement global d’établissement. Cette démarche, qui comprend à ce jour plus de 250 lycées, qui représentent 54% des lycées publics franciliens propose d’agir sur 5 projets : la biodiversité, l’énergie-climat, la prévention et la gestion des déchets, ainsi que l’alimentation- santé et l’eau. 

Parmi ces lycées Eco-Responsables, nous avons sélectionnés 11 lycées volontaires pour une année expérimentale.

L’année scolaire 2019-2020 a donc marqué l’entrée dans le concours CUBE.S de ces 11 lycées. Avec la crise sanitaire, le concours a été prolongé jusqu’en décembre 2020. A l’issu de cette période, nous ferons un bilan énergétique, économique et pédagogique pour évaluer l’inscription de plusieurs dizaines d’autres lycées en 2021-2022 et cela en fonction des modalités d’inscriptions. 

De la collectivité jusqu’aux bancs du lycée

Ce qui nous a séduit dans le concours CUBE.S est sa proximité avec les actions que nous menons sur le management de l’énergie. Sensibiliser et agir figurent parmi les 192 engagements de la Région IDF. Avec le concours, nous disposons d’un levier supplémentaire pour changer les comportements.

Il nous semble en effet essentiel qu’en parallèle de l’implication du Cerema et de l’Institut Français pour la Performance Energétique du Bâtiment, la collectivité territoriale s’investisse à la même échelle que les établissements pour répondre à ses objectifs. CUBE.S ouvre la porte à un travail collaboratif au sein de la Green Team d’un établissement et à une réflexion entre toutes les professions que nous pouvons retrouver dans un lycée. L’échange est primordial et celui-ci permet de valoriser chaque métier, de l’agent technique au personnel de direction, en passant par le documentaliste, auprès de qui chaque élève peut interagir.

A l’échelle des élèves, plus on sensibilise tôt, plus on voit apparaître une passerelle qui permet de susciter de l’intérêt chez certaine.s, oir même une nouvelle vocation ! Cet intérêt pour l’empreinte écologique des gestes du quotidien est ensuite transmis hors de l’établissement, afin d’initier les bonnes pratiques chez soi. La labellisation E3D de l’Education Nationale, ou encore le rôle des éco-délégués, ambassadeurs du DD, renforcent les réflexes éco-responsables des élèves. Les lycées Eco-Responsables sont des lieux de vie et d’accueil en transition, et plus seulement des lieux de travail.

La sensibilisation s’inscrit dans un temps relativement long

L’exemple du lycée Hénaff est intéressant. En tête du classement CUBE.S ce mois-ci, l’établissement a entrepris une démarche éco-responsable depuis plusieurs années. Le concours nous confirme donc le bien-fondé de la démarche.

Afin d’obtenir de vrais résultats sur la durée, nous veillons à impliquer la communauté scolaire au concours CUBE.S. Les lycées concourants ont ainsi réalisé un diagnostic de leur consommation énergétique. Celui-ci est mené dans le cadre du club DD (Développement Durable) de chaque établissement ou dans celui de leur année scolaire. Certains des enseignants ont réussi à intégrer le concours dans leurs cours, notamment ceux de SVT ou dans la filière électrotechnique. Cette matière propose un programme sur le changement climatique. En parallèle, les élèves engagés mettent en place diverses actions : sensibilisation à travers des affiches et stickers, organisation de journées développement durable, journée défi, etc. Ce travail paie et permet d’avoir des retombées concrètes. Des éco-délégués de trois Lycées Eco-Responsables ont pu présenter leurs projets environnementaux et montrer que la jeunesse est un accélérateur primordial pour la transformation écologique, lors de la COP régionale qui s’est tenue le 21 septembre dernier.