Les métiers de la transition énergétique – Avocat

Publication : le 24/06/2021 à 10 h 00 min

Ce mois-ci découvrez le métier d’avocat qui est bien plus varié qu’on pourrait le penser ! Grégory Berkovicz, avocat et Président du Groupe GB2A nous raconte son métier, ses études et son engagement dans la transition énergétique. Vous comprendrez ici comment le droit peut participer au développement durable, en espérant que cela vous donne de l’inspiration !

Qu’est-ce que le métier d’avocat ? 

G.B : Il y a une grande diversité qui se cache derrière le métier d’avocat. C’est un métier qui regroupe différentes professions qui dépendent du domaine dans lequel on l’exerce. Par exemple, notre actuel Ministre de la Justice, Eric Dupont-Moretti est ce qu’on appelle un pénaliste, c’est-à-dire un avocat qui travaille pour des particuliers (victime ou accusé). Il traite des enjeux de peines d’amende ou de prison. Mais il existe aussi les avocats aux affaires familiales, les avocats du droit du travail ou encore les avocats fiscalistes (qui traitent des questions relatives aux impôts). Selon les métiers, différentes qualités sont nécessaires: l’empathie pour le droit familial, l’éloquence pour le droit pénal et une connaissance technique pour le droit fiscal.

Pour ma part, je suis un avocat conseil et mes clients sont des administrations et des entreprises. Je ne vais au tribunal que s’il y a un désaccord qui ne peut être résolu avec la partie adverse. Mon métier s’inscrit dans le droit public des affaires (ou “droit administratif”). Je fais en sorte d’optimiser, organiser et contractualiser les infrastructures et services publics afin de les rendre efficaces, avec des frais optimisés .

Comment êtes-vous devenu avocat ? Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

G.B. : Il y a différentes façons de devenir avocat. Mais toutes ont un point commun : il faut faire du droit pendant au minimum quatre ans puis choisir une spécialisation. Les étudiants entrent ensuite pendant deux ans dans une école d’avocat et passent leur certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA). La formation d’avocat est constituée de stages et d’alternances, afin de compléter la formation juridique de l’université : ce métier est avant tout un métier de terrain, de praticien, qui s’apprend par la transmission au contact des confrères.

Pour être avocat, il faut être logique et mathématicien, aimer les lettres, lire et écrire. Il est aussi nécessaire d’être à l’écoute et de pouvoir s’adapter pour comprendre les situations auxquelles vous êtes étrangers et aider au mieux les clients.

Le métier d’avocat peut-il participer à la transition écologique ?

G.B. : Cela dépend des métiers d’avocat mais le mien y contribue fortement ! Je travaille en effet sur les projets de rénovation énergétique, d’aménagements urbains, ou encore sur la Smart City et la manière dont on crée une ville décarbonée avec un accès aux services pour tous. Je m’occupe donc du financement de nouveaux bâtiments publics intégrant des critères environnementaux. Dans mon métier, il y a donc un lien très fort entre énergie, économie et juridiction. Car la transition énergétique et environnementale est avant tout économique ! Cela donne du sens à mon métier car je peux participer à la construction du monde de demain.

Pouvez-vous nous décrire un exemple de projet auquel vous avez collaboré ?

G.B. : Généralement, mon rôle est d’essayer de définir les projets qui ont le plus de sens au niveau technique, juridique, de la gouvernance des projets et de la soutenabilité financière. Par exemple, j’ai pris part à un projet d’établissement scolaire dans la région Grand Est qui visait à réunir plusieurs écoles devenues trop petites et obsolètes et engendrant trop de trafic en bus scolaire. Le nouveau bâtiment sera à énergie positive et offrira une meilleure qualité d’enseignement aux élèves.

J’ai également accompagné une collectivité à revoir son réseau d’espaces publics. Nous avons proposé un mode contractuel plus global pour rénover plus vite, à meilleur coût et avec plus de possibilités. Nous obtenons donc des projets plus globaux et plus intelligents.

Que pensez-vous d’une initiative comme CUBE.S?

G.B. : CUBE.S permet de faire évoluer les pratiques du quotidien, et c’est cela qui est très difficile à intégrer dans les contrats de performance. En effet, les bâtiments scolaires ne sont pas des bâtiments compliqués en eux-mêmes, cependant il y a souvent un décalage entre les outils que l’on met en place et les comportements des usagers. Même si les enfants sont les meilleurs ambassadeurs de la transition environnementale, moi-même je le vois avec les miens !

Le saviez-vous ? Grégory Berkovicz a contribué à la rédaction du guide Réussir son projet de performance énergétique. En travaillant avec Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l’Environnement, Mr. Berkovicz a compris qu’il ne s’agissait pas seulement de consommer mieux, mais moins, pour une véritable transition énergétique. Ainsi, l’énergie la moins chère et la moins carbonée est celle que l’on ne consomme pas ! C’est à la suite de cette réflexion qu’il s’est mis à travailler sur les contrats de performance énergétique.