Cube info : Le 3ème chapitre du Rapport du GIEC en résumé…

Après un premier volet sur « la science du changement climatique » sorti en Août 2021, suivi en mars 2022 par un chapitre sur les impacts et l’adaptation, le GIEC a rendu public au début du mois d’avril son dernier rapport sur « l’atténuation ». Ce troisième chapitre signé de la main de près de 300 scientifiques du monde entier dresse l’état général des connaissances scientifiques sur les options de réduction des émissions de gaz à effet de serre…

Plusieurs constats sont énoncés dans ce troisième chapitre du rapport du GIEC : 

  • Nous rencontrons une véritable difficulté à baisser les émissions de gaz à effet de serre et ce malgré une mobilisation globale et des politiques de lutte contre le changement climatique plus nombreuses que jamais (comme  l’accord de Paris par exemple). 
  • Nous sommes face à une problématique temporelle. Afin de respecter l’accord de la fameuse COP21, il faudrait diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux entre aujourd’hui et 2030. Et contrairement aux discours régulièrement entendus, il ne reste pas 3 ans pour inverser la tendance, il faut agir le plus tôt et le plus fort possible !
  • Il existe des solutions afin d’inverser la tendance ! 

Quelles solutions contre les émissions de gaz à effet de serre ?

Bonne nouvelle : nombreuses sont les options à notre disposition pour atténuer le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ! 

On pense notamment à l’introduction de technologies “propres” mais cela passe aussi et avant tout par la transformation des modes de production et de consommation des infrastructures ou des organisations sociales.

Voici quelques exemples dans les transports : 

  • On peut réduire la demande de manière structurelle en favorisant le télétravail ou la dématérialisation. 
  • L’aménagement du territoire peut également offrir des solutions majeures telles que la construction d’infrastructures dédiées permettant aux ménages d’utiliser des modes de transport peu ou pas émetteurs : les transports en commun ou les mobilités dites “actives” (vélo, marche, etc.). 
  • L’amélioration des véhicules individuels est aussi possible en les rendant plus légers, moins consommateurs d’énergie, en les électrifiant…

Et de multiples autres exemples existent dans plusieurs domaines !

Mais toute la difficulté est de surmonter les différentes barrières à la mise en œuvre de ces solutions, qui sont autant d’opportunités pour transformer durablement nos sociétés…

Quels obstacles à la mise en œuvre de ces solutions et comment les surmonter ?

Les premiers obstacles identifiés sont d’ordre financier. Et notamment la question de l’épargne, en particulier privée. En effet, le placement de notre argent présente un impact plus ou moins important sur la planète ! Certains actifs contribuent financièrement à des activités polluantes (comme le forage pétrolier par exemple). Il est donc intéressant de savoir à quoi contribue notre épargne ! 

Les seconds sont d’ordre technologique. Le rapport propose de nombreuses pistes en recherche et développement publics et privés ainsi qu’autour des solutions de décarbonisation dans les secteurs où les émissions sont les plus difficiles à réduire :

  • La production de ciment par exemple émet beaucoup de CO2. Il est indispensable de trouver des solutions alternatives ou plus efficaces. 
  • L’état actuel du secteur de l’aviation n’est pas souhaitable pour le climat. Les projets de recherche sur l’avion “zéro carbone” doivent être profondément questionnés. 
  • Le stockage et la captation du CO2 constituent un sujet de recherche très important à développer.

Les troisièmes sont d’ordre institutionnel, donc dépendants des configurations politiques propres à chaque pays ou région (et tout particulièrement en période d’élections). La tendance actuelle met l’écologie au centre des agendas politiques et c’est une bonne nouvelle. Mais il faut aller encore plus loin. 

Les quatrièmes sont liés à nos infrastructures. L’organisation de nos villes à travers les bâtiments, les routes, les usines… a une influence décisive sur nos émissions et notre capacité à les réduire. Le rapport souligne à quel point nos choix dans ce domaine sont déterminants. Investir dans des infrastructures efficaces, adaptées aux problématiques actuelles et adapter ses usages à celles existantes est essentiel…

Mais dans ce domaine, il y a également des enjeux très forts autour de l’usage et de la sobriété. Une infrastructure neuve est performante n’est rien sans un usage responsable et vertueux associé. 

Enfin, le rapport met en avant une meilleure gestion des espaces naturels et une transition vers une société plus démocratique et plus juste

Tous ces enjeux sont étroitement liés.

La réduction des émissions de gaz à effet de serre est bonne pour le climat… mais pas que !  

Avantage supplémentaire : il existe de nombreux bénéfices additionnels “non climatiques” à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en particulier en matière de santé et de justice sociale.

La limitation de la combustion d’énergies fossiles par exemple permet de diminuer les polluants locaux néfastes pour la santé et de réduire notre dépendance aux sources d’énergie non renouvelables. En clair, sortir du charbon pour la production d’électricité c’est bon pour le climat (car c’est la source de production d’électricité qui émet le plus de CO2 par Kw produit), bon pour la santé (car le charbon pollue fortement l’air autour des sites de production) et bon pour l’avenir car on ne peut pas brûler du charbon indéfiniment, c’est physiquement impossible. La conclusion de ce dernier rapport du GIEC est donc sans appel : il faut agir aujourd’hui, maintenant, tout de suite. Des solutions existent dans tous les secteurs pour réduire les émissions à grande échelle. Il est donc de notre devoir à tous de s’impliquer pour inverser la tendance !

Les effets de la pollution des usines périurbaines sont indéniables sur la santé des populations. Photo : Shutterstock.

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